Volume 7, no.08, 27 novembre 2008 |
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L'équipe de l'AQPERE
Robert Litzler, Président
Pierre Fardeau, Coordonnateur
Sonia Lefebvre, Agente de programme
Emmanuel Rondia, Agent de développement
Laetitia Hespel, Agente de communications
Ont collaboré
AMEQ
Association forestière de la Côte Nord
ATSA
Biosphère
Cécile Lecomte, Écohabitation
Cégep de Rosemont
Colette Tardif, Cotardi
Communication
TerraTerre
Éditions le Mémento
Équiterre
Emmanuel Cosgrove, Écohabitation
Fanie Lebrun, conseil du loisir scientifique de l'Estrie
Fédération autonome de l'enseignement
Johanne Isabel, Hydro Québec
Katimavik Jeunesses Service
Laure Waridel, Équiterre
Marylène Ferguson, Cré de Laval
Marylise Paquin, Jour de la Terre
Mélanie Lacombe, Collège de Rosemont
Nadine Bachand,
Écoinitiatives
Novae
Objectif Sciences
ONF
OZONE
Pierre Gilbert
PLanèt'ERE
RefERE
Réseau IDée
Sentier Urbain
Stéphany Laperrière
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Les maisons LEED®
Cap sur les économies d'énergie
C'est au moment décisif de la construction de sa maison qu'on détermine la quantité d'énergie qu'elle consommera tout au
long de sa vie. Il existe beaucoup de solutions abordables pour construire de façon écoénergétique : implantation de la
maison par rapport au soleil, ouvertures supplémentaires côté sud, isolation performante, choix du système de chauffage,
choix des matériaux, etc.
En plus, Hydro Québec encourage ces modes de construction écoénergétique en allouant chaque année de grosses sommes
aux programmes d'efficacité énergétique tel Novoclimat. Dans le cadre de ce programme, des maisons qui économisent
généralement 25% d'énergie par rapport à une maison classique se voient offrir jusqu'à 2000 dollars de primes. Cette
aide financière a donné un bon coup de pouce à Novoclimat et environ 2200 maisons unifamiliales ont été construites
selon les exigences du programme Novoclimat en 2007/2008.
Si Hydro Québec subventionne les actions qui permettent de
faire baisser les consommations d'énergie, c'est parce que c'est rentable : en fait, chaque kilowattheure économisé par les
québécois peut être exporté et vendu trois fois plus cher que s'il avait été consommé sur place. Ainsi, moins les québécois
consomment d'électricité, plus Hydro Québec est gagnant ! Cela s'explique par le fait que le prix de vente au Québec est
fixé par la Régie de l'énergie tandis que le prix de vente à l'exportation suit le cours du marché. Ainsi un kilowattheure
vendu au Québec rapporte 2,79 cent à Hydro Québec alors que le même kilowattheure vendu à l'extérieur du pays en
rapporte environ 10. Actuellement la part exportée représente environ 20%. Le reste est consommé au Québec. Comme
Hydro Québec ne peut exporter que la part d'électricité qui n'est pas consommée au Québec, seules les économies
d'énergie québécoises peuvent lui permettre d'augmenter ses exportations, et donc son profit. Du coup, l'argent investi
pour subventionner les programmes d'efficacité énergétique est rentabilisé par les parts d'exportation qu'ils permettent de
gagner.
Paradoxalement, malgré les énormes profits qu'il pourrait faire gagner à Hydro Québec, le programme de certification LEED™
for Homes n'est pas subventionné. C'est aberrant puisque les maisons LEED permettent des économies d'énergie encore
plus importantes que les maisons Novoclimat : les maisons certifiées LEED for Homes économisent 30% à 70% d'énergie,
voir parfois 100% dans le cas des maisons à consommation énergétique nette zéro.
Les deux programmes Novoclimat et LEED sont en fait complémentaires : les exigences fixées par chacun d'eux
sont différentes et le but recherché aussi. Au niveau de la performance énergétique, les différences de résultats
s'expliquent par le fait que Novoclimat impose des niveaux d'isolation et d'étanchéité avec des seuils fixes tandis que LEED
se base sur la consommation finale de la maison. Concrètement, pour répondre aux exigences Novoclimat il faudra par
exemple installer un mur d'une résistance thermique fixe et des fenêtres double vitrage (faible émissivité / argon). Dans
le programme LEED, les constructeurs sont plutôt poussés à dépasser les performances énergétiques standards car
chaque action visant l’amélioration de ces performances est récompensée. En fait, tous les projets qui visent la certification
LEED sont modélisés à l'aide d'un programme informatique qui évalue la consommation énergétique finale du projet.
Ainsi, dans le système LEED, ce sont les résultats et non pas les moyens qui comptent pour gagner des points. C’est
pourquoi, les constructeurs qui visent la certification LEED font baisser leur consommation d’énergie à l’aide de toutes
sortes de techniques : hyperisolation, solaire passif, systèmes mécaniques (chauffage, ventilation, plomberie, etc) à haute
performance, énergies renouvelables, etc. Le programme n'impose pas une technique en particulier mais attribue tout
simplement plus de points aux maisons qui consomment réellement moins d'énergie. Le résultat : les projets certifiés
LEED ont de trés bonnes performances énergétiques.
Hydro Québec aurait donc tout à gagner à aider financièrement
les projets qui répondent aux exigences de la certification LEED, tout comme cela se fait pour les projets Novoclimat. Si
Hydro Québec payait par exemple les frais liés à la vérification des projets LEED, ce programme deviendrait plus accessible
et le nombre de projets certifiés LEED augmenterait en flèche faisant diminuer du même coup la consommation d'électricité
au Québec... L'investissement en vaudrait la chandelle car la part des exportations d'électricité pourrait doubler, voire
tripler entraînant ainsi la hausse des profits d'Hydro! Tout le monde serait gagnant : un bel exemple de boucle d'action
positive.
Une des conséquences d'un tel programme de subvention serait aussi de créer un mouvement de masse pour la
construction verte et de donner à ce marché toute l'expansion qu'il mérite. L'objectif fixé par le Conseil du Bâtiment Durable
du Canada est de certifier ou d'inspirer un million de maisons sur les bases du programme LEED for Homes d'ici 2015. Ramené à l'échelle du Québec cela reviendrait à attribuer la certification LEED for Homes à une maison neuve sur quatre,
soit un bastion de 12 000 maisons par an. Soyons clair : cet objectif ne pourra pas être atteint sans un coup de pouce
financier des institutions gouvernementales.
Céline Lecomte
Emmanuel Cosgrove
Constructeur, consultant et conférencier
en construction/rénovation environnementale,
Écohabitation
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