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Conférence EECOM 2002 :
 
« Communaut'ERE : les défis de l'éducation relative à l'environnement axée sur la communauté »
Du 11 au 15 août 2002 à l'Université du Québec à Montréal

Les moments forts du colloque
 
par Catherine Dumouchel (extrait du bulletin Int'ERE.net du 29 août 2002)

Les moments forts de Communaut'ERE ? 90 conférences, ateliers et célébrations... 140 participantes et participants... les possibilités se multiplient ! Communaut'ERE a été un lieu d'échange entre une diversité de personnes, de perspectives, d'expériences et d'inspirations. Elle nous a permis d'explorer des concepts tels une éducation centrée sur les lieux; la capacité négative, cette capacité d'être et d'agir dans l'incertitude; le capital social, ce réseau de confiance et de réciprocité au sein d'une communauté; la pédagogie de l'ailleurs : l'ailleurs de la planète entière, du futur et de l'univers virtuel; la culture de la complexité; et les non-lieux et non-cultures. Elle nous rappelle l'importance d'allier réflexion et action; de prévoir un temps d'apprivoisement dans nos approches communautaires; de mettre l'emphase sur le soin et l'entretien et non seulement sur la construction et la conquête; de jeter un regard critique sur la perspective globale en ERE tout en maintenant ce même regard sur l'approche communautaire; et d'encourager des liens solides et fertiles entre le milieu de la recherche et celui de la pratique.

Pierre Dansereau, quant à lui, met en valeur l'écologie de terrain, l'importance de "se salir les pieds". Avec son "penser localement, agir globalement", Claude Villeneuve nous met au défi. Delphine Marot, dans sa présentation sur les jardins collectifs, parle de "voir pousser des légumes et voir pousser des gens". Nous avons eu la chance de contempler ces lieux avec lesquels "nous sommes tombés en amour" sur l'invitation de Delia Clark. Au lieu du "Village global", Michela Mayer nous propose "un réseau global de villages". Lucie Sauvé enrichit la discussion avec son apport sur le "dialogue des savoirs", et sa réflexion sur "la communauté : représentation, projet, leurre, utopie, caution ou piège". Ian Robottom nous fait explorer "les questions environnementales et d'avenir viable comme étant construites socialement". Par son énergie et son dynamisme, Tim Grant démontre l'importance de l'affectif dans notre travail. Dans la foulée de la remise des premiers prix canadiens d'excellence EECOM, Geneviève Marquis nous encourage à célébrer nos réalisations individuelles et collectives. Merci donc à toutes et tous pour une conférence qui inspire et enrichit notre pratique de tous les jours.



EECOM : Bilan nuancé d'une conférence tout en nuances
par Tom Berryman (extrait du bulletin Int'ERE.net du 29 août 2002)

Alors que le smog faisait partiellement écran au soleil et que Montréal brûlait tout de même à des températures records, quelque cent cinquante personnes ont échangé pendant quatre jours, bien au frais, sur les défis de l'éducation relative à l'environnement centrée sur la communauté. Dans les confortables salles climatisées de l'UQAM - contribuant ainsi paradoxalement à l'émission de gaz qui accentuent l'effet de serre et le réchauffement du globe - les participants à la huitième conférence annuelle du Réseau canadien d'éducation et de communication relatives à l'environnement (EECOM) ont pu explorer les diverses dimensions d'une éducation relative à l'environnement qui cherche à prendre appui sur la communauté ainsi que sur les lieux.

Provenant de milieux, de régions et d'horizons culturels très variés, les personnes présentes à la conférence EECOM 2002 (COMMUNAUT'ERE) pouvaient communiquer leur propos en anglais ou en français afin de faire le point sur les réalisations, les défis, les enjeux et les possibles pièges de ce que les anglophones nomment le " community and place-based environmental education ". L'AQPERE s'étant presque exclusivement centrée sur les liens dans des réseaux francophones au cours des 10 dernières années, la conférence offrait enfin une occasion d'élargir nos horizons en s'approchant de nos voisins immédiats. Jusqu'ici en effet, nombre de francophones du Québec avaient davantage de liens avec des Français, des Belges et des francophones de l'Afrique qu'ils n'en avaient avec leurs voisins immédiats du Canada et des États-Unis.

L'un des défis des organisateurs était de favoriser un décloisonnement entre les aspects théoriques et pratiques, entre les recherches en éducation et les pratiques éducatives variées. Néanmoins, certains éducateurs ont en effet considéré que la conférence était trop théorique et pas assez " pratico-pratique " alors que certains chercheurs ont déploré que trop de communications illustraient parfois un manque de recul sur la pratique et constituaient en quelque sorte de la promotion. Cette polarisation, assez classique, illustre néanmoins qu'il devait y avoir du contenu pour tous mais que la rencontre effective entre perspective théorique et pratique demeure hélas encore difficile.

Quoiqu'il en soit, la perspective critique était donc au rendez-vous et la conférence EECOM 2002 fut ainsi une occasion de se pencher de manière plus éclairée sur cette ré-émergence des questions communautaires et sur l'importance de l'esprit des lieux (genius loci) en éducation relative à l'environnement. Pas de négociations autour d'énoncés constituant une nouvelle grande déclaration solennelle. Pas de négociations en vue d'établir un programme commun d'action. EECOM 2002 était avant tout un moment pour se rencontrer et pour se former avant de retourner chacun chez-soi, dans nos milieux de vie et nos milieux de pratique respectifs afin de mieux y œuvrer.

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